ESPÈCES DE CÉTACÉS : BALEINES, DAUPHINS ET MARSOUINS
Près d’une centaine d’espèces, une diversité exceptionnelle
Des eaux polaires aux mers tropicales, du large aux estuaires et jusqu’à certains grands fleuves, les cétacés occupent des milieux très différents. Leur taille, leur alimentation, leurs comportements sociaux et leurs stratégies de déplacement varient considérablement d’une espèce à l’autre.
La classification de référence publiée par la Society for Marine Mammalogy reconnaît, en avril 2026, 94 espèces de cétacés :
15 espèces de mysticètes, ou cétacés à fanons ;
79 espèces d’odontocètes, ou cétacés à dents ;
parmi elles, le baiji est considéré comme possiblement éteint.
Ce nombre n’est pas immuable. Les connaissances évoluent grâce à la génétique, à l’étude des squelettes, aux analyses acoustiques, à la photo-identification et aux observations de terrain. Certaines populations auparavant réunies peuvent être distinguées ; inversement, des espèces proposées peuvent ne pas être retenues faute de preuves suffisantes.
Connaître les différentes espèces ne consiste donc pas seulement à apprendre une liste de noms. Il s’agit de comprendre ce que leur morphologie, leur habitat et leur comportement révèlent de leur mode de vie — et d’apprendre à les identifier sans transformer une impression en certitude.
Référence taxonomique utilisée : Committee on Taxonomy, Society for Marine Mammalogy, liste mise à jour en avril 2026. Page WSE mise à jour en septembre 2026.
Qu’est-ce qu’un cétacé ?
Les cétacés sont des mammifères entièrement adaptés à la vie aquatique. Comme les autres mammifères, ils :
respirent de l’air avec des poumons ;
maintiennent une température corporelle relativement stable ;
donnent naissance à des petits vivants ;
allaitent leurs jeunes ;
doivent régulièrement revenir à la surface pour respirer.
Leurs membres antérieurs sont transformés en nageoires pectorales. Leur propulsion repose principalement sur les mouvements verticaux de la nageoire caudale. Leurs narines ont évolué en un ou deux évents placés sur le dessus de la tête.
La majorité des espèces vit en mer, mais quelques lignées sont adaptées aux fleuves, aux estuaires ou à des systèmes mêlant eaux douces et eaux côtières.
Dans les classifications phylogénétiques actuelles, les cétacés sont inclus au sein des artiodactyles. Le terme Cetacea reste néanmoins largement employé, parfois au rang d’ordre et parfois au rang d’infra-ordre selon les conventions taxonomiques.
Mysticètes et odontocètes : les deux grandes lignées actuelles
Les mysticètes, ou cétacés à fanons
Les mysticètes ne possèdent pas de dents fonctionnelles à l’âge adulte. Leur mâchoire supérieure porte des fanons constitués de kératine, une protéine également présente dans nos cheveux et nos ongles.
Ces fanons leur permettent de filtrer leurs proies dans l’eau. Selon les espèces, leur alimentation peut comprendre du krill, des copépodes ou de petits poissons vivant en bancs.
Les mysticètes possèdent deux ouvertures respiratoires externes. Ce groupe comprend notamment :
les rorquals ;
les baleines franches ;
la baleine boréale ;
la baleine grise ;
la baleine franche pygmée ;
la baleine à bosse.
Toutes les baleines à fanons ne se nourrissent pas de la même manière. Les rorquals englobent de grands volumes d’eau grâce à leurs sillons ventraux, tandis que les baleines franches filtrent plus lentement les concentrations de petites proies.
Les odontocètes, ou cétacés à dents
Les odontocètes possèdent des dents, même si leur nombre, leur forme et leur fonction varient fortement. Ils disposent d’un seul évent respiratoire externe et utilisent l’écholocation à des degrés divers pour explorer leur environnement, s’orienter ou rechercher leurs proies.
Ce groupe réunit notamment :
le cachalot ;
les baleines à bec ;
les dauphins océaniques ;
les dauphins de rivière ;
les marsouins ;
l’orque ;
les globicéphales ;
le béluga ;
le narval.
Leurs proies peuvent comprendre des poissons, des céphalopodes et, chez certaines populations d’orques, d’autres mammifères marins. Leur régime dépend de l’espèce, de la population, de l’habitat et parfois de traditions comportementales transmises socialement.
Baleine, dauphin ou marsouin : que signifient réellement ces mots ?
Les noms courants ne correspondent pas toujours à des catégories scientifiques strictes.
Le mot baleine est souvent employé pour désigner les grands cétacés, mais la taille ne suffit pas à définir un groupe taxonomique. Le cachalot et les baleines à bec, par exemple, sont des odontocètes.
Les dauphins océaniques appartiennent principalement à la famille des Delphinidés. L’orque en est le plus grand représentant. Les globicéphales, le pseudorque et l’orque pygmée appartiennent également à cette famille malgré leur nom courant.
Les marsouins ne sont pas de petits dauphins. Ils forment une famille distincte, les Phocoenidés. Ils présentent généralement :
une silhouette assez compacte ;
un rostre peu marqué ou absent ;
une nageoire dorsale souvent triangulaire ;
des dents aplaties en forme de spatule, contrairement aux dents généralement coniques des dauphins.
Ces caractères constituent des tendances générales. L’identification d’un animal ne doit jamais reposer sur un seul détail observé rapidement.
Les grands profils écologiques des cétacés
Les catégories suivantes aident à comprendre où et comment rechercher les animaux. Elles ne remplacent pas la classification taxonomique et peuvent se chevaucher : une espèce peut appartenir à plusieurs profils écologiques.
Les baleines à fanons et les zones riches en nourriture
De nombreux mysticètes exploitent saisonnièrement des régions où les proies se concentrent : fronts océaniques, remontées d’eaux profondes, bordures de plateau continental, zones polaires ou secteurs de forte productivité.
Certaines populations effectuent de longues migrations entre des zones d’alimentation et des régions utilisées pour la reproduction. D’autres réalisent des déplacements plus complexes, plus courts ou encore imparfaitement connus.
La présence d’une espèce dépend donc moins d’une frontière géographique fixe que de la disponibilité des ressources, de la saison et de la population considérée.
Les grands plongeurs des eaux profondes
Le cachalot, les kogias et les baleines à bec fréquentent principalement des habitats profonds. Ils peuvent être associés aux canyons sous-marins, aux talus continentaux, aux fosses et aux pentes abruptes autour de certaines îles.
Leur détection peut être difficile : les périodes passées en surface sont parfois brèves et séparées par de longues plongées. L’état de la mer, la lumière et la position de l’observateur influencent fortement les possibilités d’identification.
Les dauphins océaniques
Les dauphins pélagiques fréquentent les eaux du large, les fronts et les secteurs où les masses d’eau favorisent la concentration de leurs proies.
Certaines espèces forment de grands groupes, parfois associés à des oiseaux marins, à des poissons prédateurs ou à d’autres cétacés. Leur distribution peut varier rapidement avec les conditions océanographiques.
Les cétacés côtiers et estuariens
Les grands dauphins, sotalies, dauphins à bosse et certaines espèces du genre Orcaella peuvent utiliser les baies, estuaires, lagunes, mangroves et eaux du plateau continental.
Leur proximité avec les activités humaines les expose particulièrement aux captures accidentelles, au trafic maritime, à la dégradation des habitats, au bruit et à la pollution.
Une espèce dite côtière ne reste cependant pas nécessairement près du rivage toute sa vie. Certaines présentent des populations côtières et d’autres plus océaniques.
Les marsouins
Les marsouins sont souvent discrets, peu démonstratifs en surface et faciles à manquer lorsque la mer est agitée. La détection acoustique peut compléter les observations visuelles dans le cadre de certains programmes scientifiques.
La vaquita, limitée au nord du golfe de Californie, illustre la vulnérabilité extrême d’une espèce possédant une aire de répartition très réduite.
Les espèces polaires et subpolaires
Le narval, le béluga et la baleine boréale sont étroitement liés aux écosystèmes arctiques. D’autres espèces, comme certains rorquals et odontocètes, exploitent saisonnièrement les hautes latitudes sans dépendre exclusivement de la glace.
Les changements de couverture de glace peuvent modifier l’accès aux habitats, la répartition des proies, les interactions entre espèces et l’exposition aux activités humaines.
Les cétacés d’eau douce
Les dauphins du Gange, de l’Indus et de l’Amazone vivent dans des milieux où la visibilité est souvent faible. L’écholocation y joue un rôle essentiel.
Ces espèces sont particulièrement exposées aux barrages, à la fragmentation des habitats, aux captures accidentelles, à la pollution, à la circulation fluviale et aux modifications du débit des cours d’eau.
Le franciscain, également appelé dauphin de La Plata, est parfois rapproché des dauphins de rivière en raison de son histoire évolutive, mais il fréquente surtout les eaux marines côtières et les estuaires d’Amérique du Sud.
Comment reconnaître une espèce de cétacé ?
Identifier un cétacé en mer demande d’associer plusieurs indices. La distance, l’angle d’observation, la lumière et l’état de la mer peuvent modifier fortement les perceptions.
La zone géographique et la saison
Toutes les espèces ne fréquentent pas les mêmes bassins océaniques. La localisation et la période permettent d’écarter certaines possibilités, mais ne suffisent jamais à confirmer une identification.
La taille et les proportions
Il faut considérer la longueur apparente, la corpulence, la proportion de la tête et la position de la nageoire dorsale. Une estimation réalisée depuis un bateau reste cependant très approximative lorsqu’aucun repère fiable n’est disponible.
La tête et le rostre
La présence d’un rostre, la forme du front, les crêtes situées sur la tête ou la forme générale du melon peuvent constituer des critères importants.
La nageoire dorsale
Sa forme, sa hauteur, sa courbure, sa position et les éventuelles encoches peuvent aider à distinguer une espèce — et parfois un individu.
La coloration
Les contrastes entre le dos, les flancs et le ventre, les taches, les selles claires ou les cicatrices apportent des informations utiles. Leur visibilité varie cependant avec la lumière et l’immersion de l’animal.
Le souffle et la séquence respiratoire
Chez les grands cétacés, la hauteur et l’orientation apparentes du souffle, le rythme des respirations et la manière de plonger peuvent orienter l’identification.
La forme du souffle dépend aussi du vent, de l’humidité et de l’angle d’observation. Elle ne doit pas être utilisée seule.
La caudale
Certaines espèces montrent régulièrement leur nageoire caudale avant une plongée profonde, tandis que d’autres la montrent rarement. Sa forme et ses motifs peuvent également permettre la photo-identification individuelle.
Le comportement et la structure du groupe
La vitesse, les sauts, les associations entre individus, le nombre d’animaux et leur manière de se déplacer apportent des indices complémentaires. Aucun comportement n’est toutefois exclusivement propre à une seule espèce.
La photographie
Une série d’images montrant différentes parties du corps permet souvent une vérification plus fiable qu’une impression fugitive. Lorsque l’identification reste incertaine, il est scientifiquement préférable d’indiquer un genre, une famille ou une identification probable plutôt que d’affirmer une espèce.
Quelques espèces emblématiques pour apprendre à observer
Le rorqual bleu — Balaenoptera musculus
Le rorqual bleu est le plus grand animal actuellement connu. Sa silhouette est très allongée, sa tête large et sa nageoire dorsale relativement petite est placée loin en arrière.
Il est présent dans plusieurs bassins océaniques, mais sa distribution varie selon les populations et les saisons. Sa très grande taille ne le rend pas toujours facile à identifier à distance : la séquence d’apparition du dos et la position de la dorsale sont souvent plus informatives qu’une estimation de longueur.
La baleine à bosse — Megaptera novaeangliae
La baleine à bosse se reconnaît notamment à ses longues nageoires pectorales, à son corps robuste et à la forme de sa nageoire caudale.
Les motifs de la face ventrale de la caudale permettent souvent d’identifier les individus. De nombreuses populations effectuent des migrations saisonnières entre des zones d’alimentation et de reproduction, mais leurs itinéraires et leur calendrier ne sont pas identiques partout.
Le rorqual commun — Balaenoptera physalus
Le rorqual commun est un grand cétacé au corps élancé. Il présente une coloration asymétrique caractéristique au niveau de la mâchoire, plus claire du côté droit.
Il fréquente de vastes régions océaniques et constitue notamment une espèce majeure de Méditerranée occidentale. Sa présence varie avec les conditions, les saisons et la disponibilité des proies.
Le cachalot — Physeter macrocephalus
Le cachalot est le plus grand des odontocètes. Sa tête massive, son souffle dirigé vers l’avant et légèrement sur le côté, ainsi que sa manière de montrer la caudale avant certaines plongées constituent des indices utiles.
Il recherche principalement ses proies en profondeur et utilise des clics puissants pour l’écholocation et la communication.
La baleine à bec de Cuvier — Ziphius cavirostris
Cette baleine à bec est adaptée aux plongées profondes et prolongées. Elle peut être difficile à observer et à identifier en raison de son temps réduit en surface, de sa discrétion et de la variabilité de sa coloration.
Les marques linéaires visibles sur certains adultes peuvent résulter d’interactions entre congénères.
L’orque — Orcinus orca
L’orque est le plus grand représentant de la famille des dauphins. Sa coloration noire et blanche, sa nageoire dorsale et la tache claire située derrière l’œil la rendent reconnaissable.
Il existe des populations aux régimes alimentaires, comportements, vocalisations et structures sociales différents. Ces écotypes ne doivent pas être présentés automatiquement comme des espèces distinctes.
Le grand dauphin — Tursiops truncatus
Le grand dauphin peut utiliser des habitats côtiers ou océaniques selon les populations. Son corps robuste, son rostre bien marqué et sa nageoire dorsale falciforme constituent des critères importants.
Les encoches et marques de la dorsale sont fréquemment utilisées pour la photo-identification.
Le dauphin bleu et blanc — Stenella coeruleoalba
Cette espèce pélagique possède un dessin latéral contrasté. Elle peut former des groupes nombreux et adopter des déplacements rapides.
Le dauphin bleu et blanc est régulièrement observé en Méditerranée, mais une identification correcte demande de distinguer son motif de coloration de celui d’autres dauphins océaniques.
Le marsouin commun — Phocoena phocoena
Petit et discret, le marsouin commun possède un corps compact, un rostre peu visible et une nageoire dorsale généralement triangulaire.
Ses apparitions en surface sont souvent brèves et peu démonstratives. Il peut facilement passer inaperçu lorsque les conditions de mer se dégradent.
Le béluga et le narval
Le béluga, Delphinapterus leucas, et le narval, Monodon monoceros, appartiennent à la famille des Monodontidés et vivent dans les régions arctiques et subarctiques.
Le béluga adulte présente une coloration blanche et ne possède pas de nageoire dorsale. Le narval mâle porte généralement une défense hélicoïdale correspondant à une dent très développée, mais toutes les observations ne montrent pas nécessairement cet attribut.
Liste actualisée des 94 espèces de cétacés
Les noms communs français peuvent varier selon les pays et les organismes. Le nom scientifique constitue donc le repère taxonomique le plus précis.
Mysticètes — 15 espèces
Baleine boréale — Balaena mysticetus
Baleine franche australe — Eubalaena australis
Baleine franche de l’Atlantique Nord — Eubalaena glacialis
Baleine franche du Pacifique Nord — Eubalaena japonica
- Baleine franche pygmée — Caperea marginata
- Baleine grise — Eschrichtius robustus
Petit rorqual — Balaenoptera acutorostrata
Petit rorqual de l’Antarctique — Balaenoptera bonaerensis
Rorqual boréal — Balaenoptera borealis
Rorqual de Bryde — Balaenoptera edeni
Rorqual bleu — Balaenoptera musculus
Rorqual d’Omura — Balaenoptera omurai
Rorqual commun — Balaenoptera physalus
Rorqual de Rice — Balaenoptera ricei
Baleine à bosse — Megaptera novaeangliae
Odontocètes — 79 espèces
- Cachalot — Physeter macrocephalus
Cachalot pygmée — Kogia breviceps
Cachalot nain — Kogia sima
Baleine à bec d’Arnoux — Berardius arnuxii
Baleine à bec de Baird — Berardius bairdii
Baleine à bec de Sato — Berardius minimus
Hyperoodon boréal — Hyperoodon ampullatus
Hyperoodon austral — Hyperoodon planifrons
Baleine à bec de Longman — Indopacetus pacificus
Baleine à bec de Sowerby — Mesoplodon bidens
Baleine à bec d’Andrews — Mesoplodon bowdoini
Baleine à bec de Hubbs — Mesoplodon carlhubbsi
Baleine à bec de Blainville — Mesoplodon densirostris
Baleine à bec de Ramari — Mesoplodon eueu
Baleine à bec de Gervais — Mesoplodon europaeus
Mésoplodon à dents de ginkgo — Mesoplodon ginkgodens
Baleine à bec de Gray — Mesoplodon grayi
Baleine à bec de Hector — Mesoplodon hectori
Baleine à bec de Deraniyagala — Mesoplodon hotaula
Baleine à bec de Layard — Mesoplodon layardii
Baleine à bec de True — Mesoplodon mirus
Baleine à bec de Perrin — Mesoplodon perrini
Mésoplodon pygmée — Mesoplodon peruvianus
Baleine à bec de Stejneger — Mesoplodon stejnegeri
Baleine à bec de Travers — Mesoplodon traversii
Baleine à bec de Shepherd — Tasmacetus shepherdi
Baleine à bec de Cuvier — Ziphius cavirostris
- Dauphin du Gange — Platanista gangetica
- Dauphin de l’Indus — Platanista minor
- Dauphin de l’Amazone ou boto — Inia geoffrensis
- Baiji ou dauphin du Yangtsé, possiblement éteint — Lipotes vexillifer
- Franciscain ou dauphin de La Plata — Pontoporia blainvillei
Béluga — Delphinapterus leucas
Narval — Monodon monoceros
Dauphin à flancs blancs du Pacifique — Aethalodelphis obliquidens
Dauphin obscur — Aethalodelphis obscurus
Dauphin de Peale — Cephalorhynchus australis
Dauphin de Commerson — Cephalorhynchus commersonii
Dauphin sablier — Cephalorhynchus cruciger
Dauphin du Chili — Cephalorhynchus eutropia
Dauphin de Heaviside ou dauphin du Cap — Cephalorhynchus heavisidii
Dauphin de Hector — Cephalorhynchus hectori
Dauphin commun — Delphinus delphis
Orque pygmée — Feresa attenuata
Globicéphale tropical — Globicephala macrorhynchus
Globicéphale noir — Globicephala melas
Dauphin de Risso — Grampus griseus
Dauphin de Fraser — Lagenodelphis hosei
Dauphin à bec blanc — Lagenorhynchus albirostris
Dauphin à flancs blancs de l’Atlantique — Leucopleurus acutus
Dauphin aptère du Nord — Lissodelphis borealis
Dauphin aptère austral — Lissodelphis peronii
Dauphin de l’Irrawaddy — Orcaella brevirostris
Dauphin à aileron retroussé d’Australie — Orcaella heinsohni
Orque — Orcinus orca
Péponocéphale ou dauphin d’Électre — Peponocephala electra
Pseudorque — Pseudorca crassidens
Tucuxi — Sotalia fluviatilis
Dauphin de Guyane — Sotalia guianensis
Dauphin à bosse de l’Indo-Pacifique — Sousa chinensis
Dauphin à bosse de l’océan Indien — Sousa plumbea
Dauphin à bosse d’Australie — Sousa sahulensis
Dauphin à bosse de l’Atlantique — Sousa teuszii
Dauphin tacheté pantropical — Stenella attenuata
Dauphin de Clymène — Stenella clymene
Dauphin bleu et blanc — Stenella coeruleoalba
Dauphin tacheté de l’Atlantique — Stenella frontalis
Dauphin à long bec — Stenella longirostris
Dauphin à bec étroit — Steno bredanensis
Grand dauphin de l’Indo-Pacifique — Tursiops aduncus
Grand dauphin de Tamanend — Tursiops erebennus
Grand dauphin — Tursiops truncatus
Marsouin aptère d’Asie orientale — Neophocaena asiaeorientalis
Marsouin aptère de l’Indo-Pacifique — Neophocaena phocaenoides
Marsouin à lunettes — Phocoena dioptrica
Marsouin commun — Phocoena phocoena
Vaquita — Phocoena sinus
Marsouin de Burmeister — Phocoena spinipinnis
Marsouin de Dall — Phocoenoides dalli
Pourquoi certaines listes donnent-elles d’autres noms ou d’autres nombres ?
La taxonomie n’est pas une liste figée. Elle représente l’interprétation la mieux étayée des données disponibles à une date donnée.
Dans le référentiel utilisé pour cette page :
le rorqual de Bryde et le rorqual d’Eden sont rattachés à une seule espèce, Balaenoptera edeni, comprenant les sous-espèces B. e. brydei et B. e. edeni ;
le dauphin bolivien est traité comme la sous-espèce Inia geoffrensis boliviensis, et non comme une espèce distincte ;
Inia araguaiaensis, proposé comme dauphin distinct de l’Araguaia, n’est pas retenu comme espèce séparée dans cette liste de référence ;
les orques résidentes et les orques de Bigg du nord-est du Pacifique sont actuellement reconnues comme sous-espèces d’Orcinus orca, et non comme espèces distinctes ;
Aethalodelphis obliquidens et Aethalodelphis obscurus apparaissent encore sous le genre Lagenorhynchus dans de nombreux documents antérieurs.
Ces différences n’indiquent pas nécessairement qu’une source est fantaisiste. Elles peuvent refléter une date de publication différente, un référentiel différent ou un débat scientifique toujours ouvert.
Pour cette raison, WSE indique la source et la date de la classification employée, et privilégie les noms scientifiques lorsque plusieurs noms communs coexistent.
Espèce, sous-espèce, population et écotype : quatre notions différentes
Une espèce constitue une unité taxonomique reconnue à partir d’un ensemble d’indices génétiques, morphologiques, reproductifs, écologiques et évolutifs.
Une sous-espèce désigne une lignée géographiquement ou biologiquement différenciée au sein d’une espèce, lorsqu’un niveau de distinction suffisant est reconnu.
Une population regroupe des individus appartenant à une même espèce et liés par leur reproduction ou leur utilisation d’un territoire. Une espèce mondiale peut comprendre plusieurs populations très différentes.
Un écotype correspond à une forme écologiquement différenciée, par exemple par son alimentation, son comportement ou son habitat. Un écotype n’est pas automatiquement une espèce ni une sous-espèce.
Ces distinctions sont essentielles pour la conservation. Une espèce peut sembler relativement répandue à l’échelle mondiale alors que l’une de ses populations locales connaît une situation critique.
Des statuts de conservation très différents
Tous les cétacés ne sont pas menacés au même niveau. Selon la synthèse publiée par le Groupe de spécialistes des cétacés de l’UICN, 93 des 94 espèces reconnues avaient été évaluées dans la Liste rouge en 2025 :
26 % étaient classées dans une catégorie menacée : vulnérable, en danger ou en danger critique ;
11 % étaient quasi menacées ;
11 % restaient classées dans la catégorie « données insuffisantes ».
Ces évaluations mondiales ne résument pas nécessairement la situation de chaque population.
Les principales pressions diffèrent selon les espèces et les régions. Elles peuvent comprendre :
les captures accidentelles dans les engins de pêche ;
les collisions avec les navires ;
le bruit sous-marin ;
la dégradation et la fragmentation des habitats ;
la pollution chimique et les déchets ;
la diminution ou le déplacement des ressources alimentaires ;
certaines formes de chasse ou de capture ;
les dérangements répétés ;
les effets du changement climatique sur les habitats et les réseaux trophiques.
Observer un cétacé ne suffit donc pas à conclure que son espèce se porte bien. À l’inverse, un animal rarement détecté n’est pas nécessairement rare : sa discrétion, son habitat ou les conditions de prospection peuvent expliquer son faible taux d’observation.
Observer une espèce, c’est comprendre son environnement
Une rencontre prend davantage de sens lorsque l’animal est replacé dans son habitat.
Pourquoi se trouve-t-il ici ? Est-il en déplacement, en alimentation, au repos ou en interaction sociale ? Quels reliefs sous-marins, courants, fronts ou concentrations de proies peuvent expliquer sa présence ? Quels biais influencent notre observation ?
Les voyages Wild Seas Explorer associent l’identification des espèces à l’étude de leur environnement. Selon les expéditions, les participants peuvent apprendre à :
rechercher les animaux ;
reconnaître les principaux caractères d’identification ;
décrire un comportement ;
relever la position et les conditions d’observation ;
associer les images à une rencontre ;
découvrir la photo-identification ;
utiliser des fiches d’observation et des feuilles de route structurées ;
comprendre ce qu’une observation permet — ou ne permet pas — de conclure.
La présence d’une espèce sauvage, sa proximité et son comportement ne peuvent jamais être garantis. Cette incertitude n’enlève rien à l’expérience : elle fait partie de l’observation naturaliste et de la démarche scientifique.
Questions fréquentes
La liste de la Society for Marine Mammalogy mise à jour en avril 2026 reconnaît 94 espèces : 15 mysticètes et 79 odontocètes. L’une d’elles, le baiji, est considérée comme possiblement éteinte. Ce nombre peut évoluer avec les connaissances et les décisions taxonomiques.
Ces mots courants ne correspondent pas à deux groupes scientifiques opposés. Les cétacés se divisent principalement entre mysticètes et odontocètes. Les dauphins appartiennent aux odontocètes, mais certains grands odontocètes portent un nom courant contenant le mot « baleine ».
L’orque, Orcinus orca, appartient à la famille des Delphinidés. Elle est donc le plus grand des dauphins.
Les dauphins océaniques appartiennent aux Delphinidés, tandis que les marsouins appartiennent aux Phocoenidés. Les marsouins possèdent notamment des dents aplaties, un rostre généralement peu marqué et une silhouette souvent plus compacte.
Non. De nombreuses baleines effectuent des migrations saisonnières, mais leur organisation varie selon les espèces et les populations. D’autres cétacés sont résidents, se déplacent à l’intérieur d’une région ou suivent des mouvements liés aux proies sans réaliser une migration régulière entre deux zones fixes.
Le rorqual bleu, Balaenoptera musculus, est le plus grand animal actuellement connu.
Le cachalot, Physeter macrocephalus, est le plus grand odontocète.
Oui. Certaines espèces ont été décrites récemment, tandis que d’autres sont reclassées grâce à de nouvelles données. Il ne s’agit pas toujours de découvrir un animal jamais observé : une nouvelle espèce peut être reconnue après avoir distingué plusieurs lignées auparavant regroupées sous un même nom.
Rarement avec certitude. La dorsale doit être associée à d’autres caractères : forme du corps, coloration, tête, comportement, localisation et photographies. Elle peut toutefois être très utile pour distinguer certaines espèces ou identifier des individus.
Non. Le statut varie selon les espèces et les populations. Certaines sont relativement répandues, tandis que d’autres possèdent une aire très réduite ou subissent de fortes pressions. Une évaluation mondiale favorable ne signifie pas nécessairement que toutes les populations locales sont en bon état.
Sources scientifiques principales