étude des cétacés du Cotentin, photo-id grands dauphins - Copyright Stéphanie Vigetta - Wild Seas Explorer

La PHOTO-IDENTIFICATION

la photo-identification, POURQUOI S’IMPLIQUER ?

La photo-identification est au centre de la collecte de données sur les cétacés. Les embarcations des opérateurs de whale watching ou des voyagistes responsables peuvent servir de plateforme d’opportunité pour la collecte de données. Ces données doivent bien évidemment servir à mieux comprendre et protéger les populations de cétacés. C’est ainsi que l’idée est venue à WILD SEAS EXPLORER, de servir de plateforme d’opportunité mais aussi et surtout d’impliquer guides et participants dans cette prise de données.

Bien au fait que les navires de recherche scientifique dédiés sont plus à même de mettre en œuvre des programmes de recherches et les protocoles associés, WILD SEAS EXPLORER ne prétend pas concurrencer la recherche, mais la soutenir. Ainsi, si nous ne pouvons pas pratiquer de biopsie, poser de balise Argos ou encore échantillonner des proies, nous pouvons en faire beaucoup par ailleurs. En effet, l’utilisation des navires de recherche est très coûteuse, et les navires d’observation passent collectivement plus de temps en mer que n’importe quel navire de recherche. C’est donc l’opportunité de soutenir la recherche et la conservation qui s’est présenté à nous. Nous avons cependant décidé de ne jamais céder à la pression des souhaits touristiques. C’est la collecte de données qui nous dirige sur certaines zones, vers certaines espèces. La conservation et l’éducation sont notre moteur/voile !

Les guides WILD SEAS EXPLORER qui vous accompagne sur ces expéditions sont scientifiques de formation, formés à la collecte de données en mer sur la mégafaune marine. Ils manient parfaitement le GPS, les jumelles, les appareils photo et les applications de collectes de données. Pratiquer la photo-Identification ET la prise de données sur les conditions environnementales et sur le comportement des animaux était donc une évidence. Lors de nos expéditions, les participants sont invités à participer pleinement à l’étude des animaux. Ils peuvent ainsi contribuer aux suivis à long terme des populations de cétacés et de la mégafaune marine.

Recherche avant photo-identification

Pourquoi la photo-identification ?

Les cétacés étant des animaux très mobiles, il est impératif d’avoir un suivi à long terme mais aussi à large échelle. D’où l’importance de l’implication de nombreux partenaires et de l’harmonisation du suivi sur la zone d’étude. L’analyse des données, notamment le « matching »* permis par la photo-ID autorise de nombreuses analyses. Ainsi, un suivi de l’évolution temporelle des effectifs mais aussi de la distribution peut être effectué, tout comme l’étude des liens sociaux entre individus ou groupes d’individus et la structure des populations.

(*Méthode statistique de capture/marquage/recapture, considérant ici qu’une recapture est un « match » des individus d’un catalogue à un autre).

La photo-identification, qu’est ce que c’est?

La photo-identification, c’est, comme son nom l’indique, identifier des animaux à l’aide de la photographie. La photo-ID se base sur la reconnaissabilité des individus par la présence de caractères corporels uniques et permanents, très marqués chez certaines espèces. Ces caractères sont l’équivalent d’une empreinte digitale. Chaque individu possède des caractéristiques qui lui sont propres. Saisir ces caractéristiques et les enregistrer permet ainsi de « ficher » ces individus et de les reconnaître lors de prochaines observations.

Ces marques (cicatrices, parasites, coloration, entaille, encoches…) sont photographiées puis regroupées dans un catalogue de photo-identification.

Les marques servant à identifier l’individu dépendent de l’espèce. Chez certaines, l’aileron dorsal sera privilégié, chez d’autre il s’agira de la face interne de la caudale, pour d’autre encore, le chevron permettra l’identification individuelle. D’autres caractéristiques telles que des cicatrices ou blessures peuvent aider à identifier les individus.

Il existe aujourd’hui des catalogues de photo-identification où sont référencés tous les cétacés photo-identifiés. Outre un calcul de l’abondance pour chaque espèce photo-identifiée dans une zone, la vérification des concordances entre les nouveaux clichés et ceux déjà présents dans la base de données permet d’obtenir de nombreuses informations.  Ces données permettent de mieux comprendre la fréquentation spatio-temporelle, la fidélité au site, les déplacements et migrations, ou encore la structure sociale de certaines populations ou groupes. Mieux comprendre ces aspects de la biodiversité permet de mieux la protéger.

La photo-ID a cet avantage que la méthode est simple et peu coûteuse, réalisable par un grand nombre et sur le long terme. Le dépouillement des données (ici les photographies) étant certainement l’étape la plus laborieuse.

Photo-identification et catalogue participatif en ligne

Les données annexes

Il est important d’accompagner chaque photo-ID d’un relevé GPS afin d’enregistrer l’emplacement exact de l’observation. Les informations sur les espèces observées (taille du groupe, présence ou absence de petits, comportements mais aussi météo) sont utiles pour la cartographie de la présence et de la répartition saisonnière des espèces observées.

Mieux encore, des données sur l’effort d’observation ou des données de suivi (trajet effectué) permettent d’établir des cartes indiquant où se trouve les animaux mais aussi où ils sont absents. De telles cartographies permettent d’identifier les zones d’habitats préférentiels ou importants pour l’espèce ciblée.

Préparation des expeditions

La collecte de zone avec effort d’observation est toujours plus intéressante que l’observation opportuniste. Etablir des zones et secteurs de prospection avec des transect de ligne permet une collecte de données de meilleure qualité. Plus la zone de prospection est large, plus les données seront nombreuses et les exploitations possibles. L’un des intérêts étant de parcourir le plus possible de zones non prospectées jusqu’alors. D’où l’importance de ne pas étudier QUE les zones que l’on sait fréquentées par les cétacés. Les données d’absence (aucun animal observé malgré l’effort d’observation) sont des données aussi importantes que les données de présence. De la même manière, il est important de prospecter toute l’année, et pas seulement en période estivale. Les données viennent en effet souvent à manquer en automne mais surtout en hiver. Les conditions météorologiques ne favorisent guère les sorties en mer « hors saison », mais quand cela est possible, les données collectées sont d’un intérêt non négligeable !

Sur le terrain

La prospection doit se faire dans une zone préétablie, souvent en fonction de l’espèce étudiée. Les routes prises peuvent être aléatoires ou un transect de ligne peut avoir été établi.

3 observateurs doivent prospecter en permanence la zone autour de la plateforme d’observation. La vitesse de prospection du bateau est établie entre 5 et 6 nœuds. A cette vitesse on considère que si un cétacé est présent dans la zone il sera forcément détecté.

Les conditions météorologiques et de mer sont très importantes puisqu’elles peuvent amoindrir les chances d’observation malgré un effort constant de recherche.

L’approche des animaux doit bien évidemment toujours se faire dans le respect de ceux-ci. Pour cela l’observation se fait en respectant scrupuleusement le code de bonne conduite. Différents codes de bonne conduite ont été établis dans différentes parties du monde. Il est important de respecter celui établi pour la zone d’étude.

La manière de procéder la plus efficace est d’attribuer un rôle précis à chaque observateur. Le photographe s’occupe de la photo-ID. Un observateur suit les animaux en permanence et donne leur direction, position et la structure du groupe. Un autre (ou plusieurs si possible) se charge de compter les individus et d’évaluer la composition et le comportement du groupe. Enfin un troisième observateur note toutes les informations énoncées par les autres.

Observateurs avant la photo-identification © Wild Seas Explorer

Catalogue et match en photo-identification

Une fois les photo prises (associées aux données environnementales et comportementales), celles-ci peuvent enfin être traitées. En premier lieu, il est impératif de trier et retoucher les photos afin de ne conserver que les clichés exploitables, d’éviter les doublons et de rendre identifiables les marques.

Chaque individu photo-identifié se verra attribué un profil (nombre, taille et position des cicatrices, forme de l’aileron, encoches, pigmentation…). Ce profil paraîtra dans un catalogue de photo-identification.

Les « matching » (comparaison) avec les catalogues existants (missions précédentes, autres secteurs, catalogue établi par d’autres organismes) serviront à établir une nouvelle base de données. Ces nouvelles informations serviront aux analyses de capture/marquage/recapture.

Idéalement, les photos sont transmises sur une base de données commune.

Photo-identification et exercice de matching sur ObsenMer

Analyse de données

Les données prélevées en même temps que les photo-ID permettent d’abord un dénombrement des individus dans chaque groupe.

A plus ou moins long terme, elles permettront également une mise en évidence d’une certaine fidélité géographique et sociale. Elles peuvent également montrer la grande mobilité de la part de certains individus.

Quelques catalogues de photo-identification contributifs en ligne

Fluckebook, Happywhale, ObsenMer…
Chez Wild Seas Explorer nous utilisons l’application ObsenMer, qui permet de récolter les données de manière standardisée mais aussi de participer à la photo-identification et aux « matching » sur catalogue.

Pourquoi wild seas explorer?

Wild Seas Explorer a été créé par amour de la nature, de la mer, des cétacés, de la conservation. Nos guides sont spécialistes d’un milieu et/ou d’une espèce. Ils sont scientifiques de formation et/ou photographe professionnel. Etudier en observant, c’est le créneau de Wild Seas Explorer. Sensibiliser en éduquant, protéger en apprenant c’est notre moteur !

 

Voyage scientifique – Etude des cétacés de Méditerranée à la voile

Voyage scientifique – Cétacés et Faune marine de Guadeloupe

 

Voyage naturaliste – les cétacés et oiseaux marins des Açores

 

Si vous souhaitez vous exercer à la collecte de donnée et à la photo-identification, si vous souhaitez apprendre en protégeant, alors ces voyages sont certainement faits pour vous.

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